
Hier Vendredi 4 mai 2007 sur l’appel historique de sept syndicats un nombre relativement important de salariés des FNAC se sont mise en grève pour protester contre la « restructuration » proposée par le groupe. En effet celui-ci va supprimer (pour la première fois de son histoire) 1000 de ses 13.000 postes d’ici a 2008 ; principalement dans l’administration et la comptabilité. Ces postes seront en partie sous-traités et échoueront, pour le reste, sur le personnel des FNAC. En outre la société remplacera progressivement ses salaires fixes par un système de commission ce qui ne devrait pas arranger l’ambiance au travail. Voilà qui est surement un drôle de moyen d’assurer le plan du groupe nommé « 100% clients ».
Le motif évoqué a un amer gout de déjà vu : les couts salariaux seraient trop élevés alors que le groupe engrange des bénéfices. Mais une fois n’est pas coutume, « assez » , c’est trop peu : « L’objectif est d’atteindre un taux de rentabilité de 5 % dans le haut de la fourchette de la concurrence (ce taux n’était que de 3,5 % l’an dernier) et de faire progresser de 10 % par an le chiffre d’affaires » (figaro 26/10/2006). L’un des but but a peine caché de cette manÅ“uvre est de permettre à François Pinault (propriétaire) rendre la vente de la FNAC (annoncé fin 2006) plus attractive.
Alors que Denis Oliven (Président) fustige la culture gratuite dans son livre « La gratuité c’est le vol » (dont on aura l’occasion de reparler) tout en faisant un panégyrique de la marchandisation culturelle (vecteur selon lui de démocratie, de diversité, et de qualité), la mutation fulgurante qu’opère son groupe lui oppose une cinglante ironie.
C’en est en effet bien finit de la vocation sociale et culturelle de cette enseigne. La direction suivie est clairement annoncé : le chiffre (voir plus haut). Bien que cette politique soit dans l’air du temps dans tout les secteur, bien rare sont les exemples où l’amélioration de la « performance » à eu des contre-coup positifs sur le client ou le salarié [1]. Bien au contraire la FNAC va gonfler le nombre de cas où tout deux sortiront perdants.
Côté salarié, nous l’avons vu les chiffres sont éloquents. Côté client outre le service qui va pâtir directement, c’est le choix lui même qui va être considérablement réduit ; dans un domaine où précisément, celui-ci est fondamental. Tout ce qui ne se vend pas ou mal est amené a être évacué.
Le rayon CD est, dans la plupart des magasins, le meilleur exemple de rétrécissement [2](la FNAC n’embauche même plus de vendeurs pour ces rayons) et comme a l’accoutumé ce sont les « petits-vendeurs » qui trinquent. Parallèlement la FNAC diversifie ses catégories d’offres avec de moins en moins de cohérence (par exemple la récente offre de forfait pour portable, les jouets a Noël et l’invasion grandissante des produits dérivés divers...).
Or cette politique doit s’étendre a tout les secteurs et, outre la diminution de l’offre culturelle, la FNAC se tourne désormais vers un publique d’avantage aisé. L’exemple le plus flagrant est la fin , début 2007, de la remise de 5% sur tout les livres. De plus le versant matériel du magasin tendra de plus en plus vers le haut de gamme.
André Essel (1918-2005) et Max Théret les fondateurs historiques (1954 ), militant marxistes très portés sur le social (en particulier en donnant des avantages d’avant garde aux salariés) n’auraient sans doutes pas imaginé une telle évolution.
[1] Les margent vont de plus en plus dans la poche des actionnaires, en témoigne la baisse globale de 8 points en 20 ans de la part salariale, actuellement a 66%.
[2] FNAC Belcours a Lyon, le rayon CD a fortement diminué pour laisser place aux Mangas . L’un des style de musique qui a vu son espace le plus rognée a été le rayon Metal qui n’occupe plus qu’une moitié de gondole.